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ANAÏS
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« The Love album » Vous tenez entre les mains l’album le plus excitant de cette fin d’année… Restons modeste ? Pourquoi ? Anaïs nous a déjà tellement bluffés. Vous en connaissez beaucoup des artistes qui vendent plus de 450 000 exemplaires d’un disque enregistré de manière quasi artisanale, en « live » et en solo, le déjanté Cheap Show ? Vous en connaissez beaucoup des artistes qui allument des millions de téléspectateurs, somnolant devant les Victoires de la musique, en apparaissant en kilt pour interpréter l’improbable Pendant ce temps-là en Écosse ? Bien sûr, vous allez dire qu’un tel succès, ça pousse au calcul, à la grosse production. Pas pour quelqu’un qui a été nourri et inspiré par Lily Fayol (pour le swing), Marie Dubas (pour la méchanceté drôle), Jerry Lee Lewis (pour le côté fauve sexuel) ou Bette Midler (pour le mélange des genres). Quelqu’un qui a rêvé d’un disque dont les références seraient les descriptions d’été de Colette, la sensuelle Emmanuelle et « Beauté volée » de Bertolucci ! Pour les non-initiés, tapez google. Bon, avec ça, elle nous emmène où, Anaïs, pour son premier album studio ? Ailleurs. Après son super essai du Cheap Show, elle a lâché les chevaux. Ce n’est plus une succession de chansons simplement rigolotes, mais un album à l’ampleur insoupçonnée qui déboule. Son chant y est à l’aise et ses mélodies coulent comme des évidences. Écoutez plutôt le gimmick assassin du single Peut-être une angine. Peut-être une angine est, comme son nom ne l’indique pas, une chanson d’amour. Car sur ce nouveau disque, Anaïs nous embarque sur la planète Love. « Je ne l’ai pas fait exprès. Mais je le trouve terriblement positif ce disque », confesse Anaïs. Car mine de rien, l’amour, elle y croit. Sauf qu’elle ne peut pas s’empêcher d’en rire un peu, passionnément, à la folie. Parce qu’une chanson, même d’amour, dans la voix d’Anaïs, ne peut que déraper. Au moins un chouïa. « Si je me moque, c’est tendrement. J’intègre le personnage et je ne juge pas », assure-t-elle. Avec tout de même, dans son écriture, un sens du détail meurtrier et de la formule qui fait mouche. Et puisqu’on parlait plus haut de grosse production, elle s’est offert le culot de partir à San Francisco rencontrer Dan The Automator, THE producteur de Gorillaz, à l’oreille énorme, à la finesse dingue. Ni une, ni deux, Dan a été séduit par les maquettes de l’Aixoise. Il a demandé la traduction des textes. Et ces deux-là se sont trouvés, genre osmose. Au point que Dan est venu en toute simplicité, à Paris, finir le travail. « Ce n’est pas le producteur de hip-hop que je voulais, mais quelqu’un qui était capable, comme avec Lovage, de m’offrir un son organique, sensuel, qui ne sacrifie pas les textes, la voix. Et ça, il l’a tout de suite compris. » Dan The Automator, génie des manettes, a concocté à la petite Française un son direct et subtil, acoustique et groove, folk et rock, épuré et riche, actuel et sixties… Avec tout ça, la voix d’Anaïs semble vous chanter à l’oreille, vous mordiller le lobe. Mmmm… On vous avait prévenu : « The Love Album » est le disque le plus excitant de cette fin d’année. On en sort essoré. Et qu’est-ce que c’est bon…
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